N° 19 - Jan. 2004
 
Anselme Wladimir
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Dessin : Wladimir Anselme

 

Deuxième Round
5 titres - 19 min
Ref : Vlache3
Sorti : 2003
Production : Oh ! la vache
Distribution : Acousti


01 - Les mauvaises intentions 3'44
02 - C'est dans l'air 2'24
03 - Les mouches 3'10
04 - Marelle 5'
05 - Fantômas ! 3'51

 
 
01 - Les mauvaises intentions
Extrait sonore


Tu connais mes airs dÂ’y toucher
Tu décryptes à 100 bornes mes feulements annonciateurs

Quand je te pousse quand je te presse dans lÂ’escalier
Que je lance mes sonars pour le manque
Des stimuli féroces des youyous des taïaut
Quand il me pousse des gros sabots

Avec mes yeux de chien navrant
Mes warnings et mes clignotants

Tu les sens dis mes mauvaises intentions
Oh, tu les sens dis mes mauvaises intentions


Ah, Tu connais mes airs de rien
Quand lÂ’air rien je repose la cigarette en son milieu

Quand j’ai foiré mes effarantes machinations
Quand jÂ’accroche des avis de scandale
Quand je suis permissif quand je suis folichon
Ou quand je suis néandertal

Mon amour des belles saisons
J’ai fait semblant qu’il pleut – « rentrons ! »

Tu les sens dis mes mauvaises intentions
Oh, tu les sens dis mes mauvaises intentions

 

02 - C'est dans l'air


Vous avez lÂ’air surprise
JÂ’ai toujours lÂ’air surprise
Me dit-elle
Il y a quelque chose
Que je n’m’explique guère
CÂ’est dans lÂ’air
Oh oh oh
CÂ’est dans lÂ’air

Cela vous sied à ravir
Vous êtes très élégante
Répondais-je
Vous mentez me dit-elle
Mais vous faites ça très bien
CÂ’est parfait
Mon ami

Et la nuit rapportait
Un très vieil air de Duke
Ellington
Dont les notes se cognaient
Sur nos longs sodas mauves

 

03 - Les mouches


Les autres on est dÂ’accord
Ce sont tous des vrais mâles
Harvey Keitel ou bien
Ou bien Nicolas Cage
Chirurgiens à gourmette et piscine intégrée
Gomineux qui annone ses crooneries au micro
Des hidalgos languides avec le maillot jaune
Et des dompteurs en slip qui ordonnent aux fauves

Prince exotique sur un dromadaire
Body-builder solide viril et sincère
- Qui huile sa mob en pressant ses aisselles Weight-Watcheuses

Pectoraux en alu
Et biceps à pléthore
Samouraï poilu
Pris en stop à Gomorrhe
Et les web-ratonneurs sur console Atari
Gangsters-cabriolets aux oreilles de Mickey
Garçon vacher Texan et sa licence to kill
Les épaules intrépides Gérardphilippesques

Catcheur féroce qui gagne à tous les coups
Croisés sanglants tatoués Jésus sur le cou
- Qui promettent des scores sur l’échelle de Richter

[Nous serons amoureux /Au bord du Lac Majeur
Et lancerons des cailloux /Sur les gens seuls
Sordides et seuls /Comme on est insouciant
Quand on est amoureux]


JÂ’ai mes 60 kilos
De nerfs et de mélasse
Est-ce que tu veux de moi
Tu veux de mes angoisses
De mes nuits sous cachet mes bourrelets mes pilules
Mes rhumes et mon cache-nez et Ma Grosse Amertume
Ma peur de traverser mes épaules qui s'affaissent
Mon mépris mes chansons mes boutons sur les fesses

Est-ce que tu veux de moi ?
QuÂ’est-ce que tu veux de moi ? (ter)

Est-ce que tu veux jouer les mamans
Nouer mes lacets me consoler souvent
- Me moucher me torcher me toucher mÂ’apaiser Fol amour

 

04 - Marelle
Extrait sonore


Je t’ai aimée de travers je t’ai aimée
Je regardais à l’intérieur de moi de l’autre côté
De l’Atlantique je t’ai cherchée distraitement
Faisant comme si je cherche et je ne cherche pas vraiment
A Montevideo sans mÂ’enfoncer dans les ruelles
Les ports les quais le fret et à travers les choses et derrière elles
Une femme qui te ressemble très loin dans la brume et de dos sur la grève
Juste pour vérifier que le rêve est le rêve

Tandis que des types morts nous parlaient depuis 50 ans
Dans la cire et les microsillons avec leur trompette et leur solo de trompette


Dans un Paris d’exil mais un exil portègne qui fait moins mal
Parce quÂ’il est trop dans lÂ’air parce quÂ’il est sans solution quÂ’il est banal
Dans un Paris de chat dans la nuit des portes cochères et de cinéma muet à l’Odéon
Des solitudes sauvages et de professeur de violon
De chiens savants et de bonnes filles
De terrains vagues sous la lune de livres anciens et dÂ’enfant mort
De loupiottes sur le pont des arts de café-crème et d’une cartomancienne de mes amis
De Sybille sur le pont de cigarettes très tard dans la nuit

Tandis que des types morts nous parlaient depuis 50 ans
Dans la cire et les microsillons avec leur trompette et leur solo de trompette


Dans le désordre savant où nous faisions l’amour très bien
Au bout le ciel en bas l’enfer marelle et moi où
A cause de Rocamadour et parce que tu m’énervais un peu
Parmi les signes et les rendez-vous manqués qu’on imposait au jeu
Parce que passait un bus et toi tu ne prenais plus garde
Aux choses compliquées et je suis compliqué
Parce que toi une étoile et moi tu vois Kierkegaard
Une fille noyée dans un rébus je t’ai cherchée

Tandis que des types morts nous parlaient depuis 50 ans
Dans la cire et les microsillons avec leur trompette
et leur fêlure


Où je m’enfonce mais à côté toujours à côté
Dans tout les ordres parce que lÂ’ordre nÂ’est-ce pas

 

05 - Fantômas !


La nuit de toutes ses chairs saigne
une déflagration boum un cri aïe
et ce n’est pas le vent non bien sûr pas le vent
qui claque les dents des gargouilles à Notre Dame
ni bien sûr celles qu’on dressera + tard les statues
le Dreyfus de Vavin
l’Arthur coupé Rimbaud au Pavillon de l’Arsenal
ou le Lion de Denfert trembleront du souvenir transmis
lÂ’effroi tient la pierre longtemps
le crime est inscrit dans Paris longtemps
Gare Saint Lazare les horloges se désempileront
et vous aussi saignez avec Paris

La nuit saigne
de toutes ses femmes esseulées de tous ses notables prospères
de toutes ses frappes avinées de toutes ses gouapes chahutées

mortelles insomnies lÂ’aube saignera elle aussi

La nuit saigne
de tous ces crânes au crime offerts
de toutes ces poitrines où le souffle n’en puit plus de la cage étroite
les maquerelles sévères ne mesurent plus les claques
à leur mauvaises ouvrières
et l’épouse adultère dont le secret dépassait par les yeux
regarde les poings de son mari
les travailleurs de nuit nÂ’embauchent plus le sommeil
aussi on ne compte plus les bras qui tombent dans la machine
traverseur étourdis tu finiras entre la pierre et le sabot
innocent des chevaux
l’amoureux empressé serre top fort le cou de sa belle
qui veut pas
Accident ? Aléas

Une ombre fuit à bras nuit
le mystère de son visage bien couvert bien minuit
noir comme la nuit 4000 visages
il laisse les figurants sur une débâcle le poing sur un courant d’air
taille son chemin rue de la Coutellerie franchit le Pont aux changes
saute la parapet sous les abeilles amoureuses dÂ’un Browning PAN ! PAN ! PAN !
10 balles dans le corps ! Et c’est lui qui réapparaît INDEMNE
juste en face à la barbe du Palais de Justice Quai de l’Horloge
il en fallait plus pour que le cœur défaille
Insaisissable ! Attrapez-le ! Attrapez-le !
il coupe le vent en 2 !

Juve : Fantômas !
Fandor : Cette fois nous te tenons !
Comment cela va tÂ’il finir ?


Tous les textes sont de Wladimir Anselme

 

 


 

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