N° 19 - Jan. 2004
 
Alexis HK
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Photo Vincent Ferrane

 

Belle Ville
9 titres - 38 min
Ref : 3 53638 10206 7
Sorti : 2003
Production : Musiques Hybrides
Distribution : Labels


01 - C'que t'es belle 4'22
02 - Bambin 4'15
03 - Gaspard 4'39
04 - Cyclopède 3'36
05 - Diable attend 2'47
06 - Le ringard 5'16
07 - Nous 3'14
08 - Mitch 3'39
09 - Son histoire (en duo avec Marianne Feder) 4'49

 
 
01 - C'que t'es belle
Extrait sonore


Refrain (bis)
CÂ’que tÂ’es belle quand jÂ’ai bu,
je regrette de nÂ’avoir pas fait dÂ’autres abus
tellement tÂ’es belle quand jÂ’bois.

Les gens qui s’occupaient de la santé publique
ont crié au scandale quand je leur ai dit ça.
Je les invitais donc à venir très vite
participer à cette expérience avec moi.

Une fois que nous eûmes effacé toute forme
de modération, nous fûmes en émoi
de constater quÂ’au lieu de ces vilaines formes
étaient nées les courbures les plus belles qui soient.

Et les apothicaires ont repris tous en chœur :
“c’qu’elle est belle quand t’as bu, c’que t’es belle quand on boit!”
Refrain

Et ceux dont la morale était plutôt statique
m’ont dit qu’on ne pouvait traiter l’autre comme ça.
Je les invitais donc à venir sans réplique
participer à cette expérience avec moi.

Une fois envolés les préceptes et normes
qui dictaient nos conduites, nous fûmes en émoi
de constater quÂ’au lieu de ce visage morne
était née la figure la plus douce qui soit.

Et les gens plein d’éthique ont repris plein d’émoi :
“c’qu’elle est belle quand t’as bu, c’que t’es belle quand on boit!”
Refrain

Et ceux qui s’occupaient du savoir esthétique,
ceux qui se demandaient :“au fait le beau, c’est quoi?“
m’ont dit que la beauté n’est jamais éthylique
mais venez donc tenter l’expérience avec moi.

Une fois envolée toute définition
de ce qu’est la beauté, nous fûmes en émoi
de voir que tu avais plein de conversation
et même des plus enrichissantes qui soient.

Et les intellectuels ont repris dans la joie :
“c’qu’ elle est belle quand t’as bu, c’que t’es belle quand on boit!”

Et les apothicaires, et les gens plein d’éthique,
et les intellectuels et les femmes activistes,
et puis même ton frère et l’frère de ton cousin
entonnèrent en chœur ce merveilleux refrain :
Refrain (ad lib)

 

02 - Bambin


LÂ’a lÂ’air tout content lÂ’enfant, lÂ’a lÂ’air dÂ’aller bien bambin,
il suit sa mémé dans le couloir du train.
LÂ’a bien huit ou neuf ans ni plus ni moins
et part avec Mamie dans la maison de Melun.

Il porte une cagoule en laine, un passe-montagne,
parce que des fois fait froid un peu comme à la campagne.
LÂ’a lÂ’air tout content lÂ’enfant, lÂ’a lÂ’air dÂ’aller bien bambin
même s’il ne sait pas vraiment ce qui l’attend...

Au travers de deux hublots qui le font un peu têtard,
il entrevoit de loin le début du cauchemar.
Sur le perron de l’allée fait de tulipes et de marbre,
les copines à mémé sont toutes venues le voir...

LÂ’a lÂ’air moins content lÂ’enfant, lÂ’a lÂ’air dÂ’aller moins bambin,
cela fait des années que chaque semaine il vient,
quÂ’on le peigne, quÂ’on le touche, quÂ’on lui demande sÂ’il a faim,
qu’on l’emmène sous la douche, qu’on lui demande s’il va bien,

quÂ’il porte une cagoule en laine, un passe-montagne
car depuis des années l’on veut que le froid l’épargne.
LÂ’a lÂ’air moins content lÂ’enfant, lÂ’a lÂ’air dÂ’aller moins bambin
car il sait bien maintenant ce qui lÂ’attend...

LÂ’a plus trop lÂ’air dÂ’un enfant, il a bien grandi bambin,
il suit les mémés dans les couloirs des trains.
Il fait des effets de bouche et leur demande si elles vont bien.

Et dessous la cagoule en laine, le passe-montagne
qui cachent son visage ainsi que ses états d’âme,
lÂ’a plus trop lÂ’air dÂ’un enfant, il a bien grandi bambin
mais savent-elles à présent qu’il les attend?

 

03 - Gaspard
Extrait sonore


Gaspard le nain ne faisait rien de bien lumineux de la triste vie que son sort de petit lui avait gentiment offert.
Il se décida donc à consacrer tous ses talents
à l’envie de devenir le plus grand des nains volants…

Et comme même en les contrées les plus civilisées l’on pratique
cet art qui consiste à propulser le nain sans trop d’éthique,
le faire voler si haut qu’en définitive on obtient
la gloire de celui qui fait le mieux voler les nainsÂ…
Refrain

Oyez sans rire ni pleurer braves engeances
lÂ’histoire de Gaspard le nain qui voulait bien quÂ’on le lance.
Oyez sans rire ni pleurer braves gens
lÂ’histoire de Gaspard le plus grand des nains volantsÂ…

Il fit rencontre d’un taulier qui l’enrôla
et fut tôt lié par contrat au lancer de nains abusif
où certains soirs de calvaire on le lançait à plus de dix huit mètres dix.

Harnaché et le casque au crâne,
on aimait bien de lui quÂ’il plane
que sa dignité bien plus haut.
Dignité pourtant moins précaire
que celle de l’homme dont il s’avère
qu’il aime à faire voltiger le nabot.

Gaspard le nain volait si bien qu’il rejoignit sans trop tarder l’élite.
Sa renommée devint jour après jour, de moins en moins petite.
Les dames se pâmaient, les hommes pariaient dans les coins
la victoire de Gaspard, le plus aérien des nains….
Refrain

Riche à millions le myrmidon dût pourtant un jour se voir enseigner
le précepte de loi qui dit qu’il est interdit de donner
son corps tel un objet et dÂ’en tirer son gagne-pain
et que lancer le nain était outrage à l’être humain.
Refrain

Et comme en toute fin fatale Gaspard le nain était à l’agonie de ne plus pouvoir voler en public
et prit le parti de partir vers l’au-delà dans un tout dernier saut mythique.

Sans harnais, pas de casque au crâne,
du haut de la corniche, il plane
et s’écrase dans les récifs.
Et l’on entend parfois son âme
entonner le chant de son drame
en la complainte du nain mort en coulissesÂ…

Oyez sans rire, ni pleurer braves engeances
lÂ’histoire de Gaspard le nain qui pour se finir se lance.
Oyez sans rire ni pleurer braves gens
lÂ’histoire de Gaspard, le plus grand des nains volants.
Refrain (bis)

 

04 - Cyclopède


Gens, chiens, et feux défilent dans son œil.
Son cycle file, le vent lui siffle un petit air dans les feuilles.
La grande ville lui renvoie des images de parisiennes
quÂ’il saisit au passage de sa petite reine.

Il se sent bien, il se sent beau
et semble tant à l’aise qu’un petit poisson dans l’eau.
Il se sent bien, il se sent beau
et trouve la vie belle dans la grande ville sur son joli vélo.

Mais qui l’eut cru au détour d’un quelconque dédale
un parfait inconnu, le voyant cheminer sur la dalle
le traite gratuitement, lÂ’on peut dire pour que dalle
et sans vergogne de petite pédale.

Et rien de plus que ces deux mots,
l’insulte est un peu raide à l’encontre du gentil cyclopède.
Non rien de plus que ces deux mots
qui glorifient sans merci l’allure légère du gentilhomme à bicyclette…

Je roule en cycle, se dit-il, et l’on me traite de pédale.
Si je roulais en roulotte me traiterait-on de petite fiote?
Il est à croire et je m’en rends compte un peu trop tard
quÂ’on a lÂ’allure de ce par quoi lÂ’on se transporte.

Mais l’insulte gratuite a ceci d’obsédant
qu’elle est toujours un peu vraie par où l’on se la prend.
Oui l’insulte gratuite a ceci d’obsédant
qu’elle est toujours un peu vraie par où l’on se la prend.

LÂ’homme rentre chez lui, se saisit dÂ’une masse
et fracasse la bicyclette en poussant des cris dÂ’angoisse
car en détruisant le vélo, il pense retrouver
lÂ’homme, le vrai, le fort, le beau,
car en détruisant le vélo, il se dit que plus jamais
la virilité ne viendra lui faire défaut.

Gens, chiens et feux dans le rétroviseur,
la jeep file, le moteur lui siffle un petit air dans les feuilles.
Depuis que de la bicyclette il avait fait le deuil
remplacée par un Land Rover avec un treuil.

Il se sent fort, il se sent beau,
il traite de tapettes les gens qui passent à vélo
Il se sent fort, il se sent beau,
oui quatre roues motrices cÂ’est connu,
font que le coq se sent enfin reconnuÂ…

 

05 - Diable attend
Extrait sonore


Attablé le diable attend quelqu’un.
Il est pour une fois en avance dÂ’un quart dÂ’heure
sur son timing et termine un verre de bile noire.
Il remâche des répliques diaboliques et malignes
en vue de la joute verbale sans merci qui se profile,
il a peur. Le diable a peur.

Attablé le diable attend. Cela l’irrite.
Il a déposé sa fourche dans un coin du restaurant de moules frites.
Il a chaud dans son costume,
ses longues cornes le grattent.
LÂ’impatience le consume car son rendez-vous
a déjà quatre minutes de retard.

Accablé le diable attend.
Sa journée fut mauvaise.
Les derniers sondages indiquent qu’il est en sérieuse baisse
dÂ’audience en Access Prime Time.
Les succubes de moins de 500 ans
le zappent pendant la pub.
Sa carrière prend un tour inquiétant.

Accablé le diable attend.
Il commence à se dire
que son interlocuteur ne va jamais venir.
Il le hait, le maudit, lui lance des sortilèges,
lui prédit un avenir plus laid qu’un complet beige crème en lin,
présage satanique et vilain.

Accablé le diable entend une rumeur qui le touche
et constate que la joie se dessine sur les bouches.
Mangeurs de moules à genoux se prosternent sans pudeur.
LÂ’encadrement de la porte sÂ’illumine de lueur.
La certitude est forte. Il s’agit du créateur
qui s’approche de la table où Satan l’attend,
et dit :“ je n’ai que quelques minutes à t’accorder,
tu ne fascines plus la moindre âme vivante ou décédée,
je n’ai donc pas à revenir sur ce que j’ai décidé : “je te vire.“

 

06 - Le ringard


Une fois de plus comme lÂ’exige le personnage,
je suis seul et jÂ’ai froid.
Froid car je suis tout nu mais aussi je suis en nage
car jÂ’ai peur que lÂ’autre mÂ’entrevoie.
LÂ’autre, cÂ’est lui, celui dont je mÂ’efface
depuis plus de deux mille ans déjà car je suis…

Refrain
Le Ringard du placard, lÂ’amant dans la penderie,
celui dont on se marre, celui dont on se rit
et je promets à tous ceux qui portent cornes de bois
que mieux vaut être comme eux que comme moi.

Une fois de plus ainsi que le veut lÂ’usage,
il ne se peut pas que je termine
la modeste besogne mais langoureux outrage
que la maîtresse et son amant signent.
Digne de la plus minable pièce de boulevard,
je l’entends, je me lève, et je vais au placard
délaissant au divan l’infidèle et le baratin
quÂ’avant quÂ’il nÂ’ouvre elle tente de mettre au point
Je suisÂ…
Refrain (bis)

Un jour en Orient, moi j’étais tombé baba
de la liane la plus fine des contrées kabyles.
Un jour, en Orient, elle m’ouvrit son sésame
et ses charmes volubilesÂ…
A peine eus-je le temps d’apprécier la beauté du nu
que les quarante voleurs me tombèrent dessus,
épilèrent un à un les quelques poils de mon corps
pour m’apprendre à toucher à leur plus beau trésor.
Je suisÂ…
Refrain (bis)

Mais là je suis inquiet cela fait bien quatre jours
que je pends mollement sur mon cintre
et dans le vestiaire j’attends que l’époux
reparte enfin en voyage dÂ’affaire.
Une main me touche, je frissonne.
JÂ’entends quÂ’on murmure dans le placard
et je m’étonne.

Une voix grave dÂ’homme mÂ’adresse
des salutations dénuées de politesse :
“ Je suis ici, me dit la voix pleine de fièvre,
je suis ici pour vous dire ma colère.
Vous êtes un imposteur, je suis le seul maître,
je me présente: je m’appelle Jean Lefèvre “
et je suisÂ…

Le ringard du placard, lÂ’amant dans la penderie
celui dont on se marre, celui dont on se rit
et je promets sur la tête de ta mère
que je suis le seul highlander de l’adultère (ter)

Une fois de plus comme lÂ’exige le personnage,
je suis seul et jÂ’ai froid. Froid car je suis tout nu
mais aussi je suis en rage entre mes quatre planches de bois.
Jean Lefèvre m’a tué et j’attends de savoir
si les dieux m’ont réservé un placard...

 

07 - Nous


Nous les mous, nous les lents, nous les ramollis du gland,
nÂ’avons pas peur de venir en ce jour
faire enfin valoir notre condition précaire
au sein dÂ’un monde qui nous prive dÂ’amour.

Avachis du bulbe, permanents retardataires
ne trouvent pas de place sur notre belle terre.
Je les représente même s’ils n’ont pas pu venir
car le temps est aujourdÂ’hui trop lourd.

Ineffable scandale, inénarrable calvaire
de ceux que la nature a choisi pour réfractaires.
A toute forme de dynamisme et dÂ’ambition,
je viens siffler ici quÂ’il faut faire attention,
je viens siffler ici quÂ’il faut faire attentionÂ…

Car nous les mous, nous les lents, nous les ramollis du gland
nÂ’aurons pas peur de venir un beau jour
faire enfin valoir notre condition humaine
au sein dÂ’un monde qui nous prive dÂ’amour.

Avachis du bulbe, permanents retardataires
trouveront bien leur place sur notre belle terre.
Je sais, je suis tout seul mais je compte bien revenir
un jour où le temps sera moins lourd.

 

08 - Mitch
Extrait sonore


Mon nom de baptême c’est Michel
mais pour devenir riche,
j’ai dû me trouver un sobriquet plus kitsch,
un nom dÂ’ouragan qui laisse la terre en friche,
on décida que je m’appellerais Mitch.

Mon père est un fan d’Hulk Hogan et m’a dit:
”Je veux que tu suives un chemin similaire, Fils;
je me sens plein d’honneur, si fier à l’idée
qu’un beau jour le monde du catch te vénère”.
Refrain

Un prince du ring, un prophète des cordes,
Mitch le Vengeur affole les hordes
et quand le gong fait “dong, ding”,
Mitch le Vengeur allume le ring.

On m’a mis un short mauve en polyester amidonné,
un foulard à tête de vengeur mal dessiné.
J’étais désormais prêt, je deviendrais le King,
les filles allaient bientôt trembloter dans leur string...
Refrain (bis)

Je n’ai aucun mépris pour tous mes fans
mais soyons honnêtes,
ils emploient peu de mots de plus de quatre lettres.
Aussi ne voulant pas finir analphabète,
dans ma petite chambre j’écrivais en cachette.
Je laissais sÂ’envoler mes tourments.
En noircissant le blanc, j’effaçais bien des peines.
J’allais bientôt bâtir un roman
où des gens mal-pensants s’aiment à perdre haleine...

Je fus vite édité car ma veine était bonne.
On m’appela même sur mon téléphone.
J’étais convié et je n’en étais pas peu fier
à ma toute première émission littéraire.

Je voulais redorer mon blason
en dénudant mon âme à la télévision.
Je voulais redorer mon blason,
qui l’eut cru, sur un plateau de télévision.

Et c’est là que tout bascule, j’arrive à la chaîne,
l’émission commence, on m’annonce et puis
la présentatrice me regarde et dit:
“quelle joie de vous avoir ici !”.

Et là, elle fait venir un ring plein de boue
pour que je m’ébroue, me baigne et me batte,
et moi, je perds la raison, et je deviens tout fou
et je veux lui montrer que je suis fort au catch
pour de vrai...

J’ai voulu lui montrer que j’étais...

Un prince du ring, un prophète des cordes,
Mitch le vengeur se venge des hordes.
Et quand le gong fait “dong-di-gue-ding”
Mitch le vengeur allume la speakerine...
Refrain (ad lib)

 

09 - Son histoire (en duo avec Marianne Feder)


Il est des histoires que les mots ne parviennent pas à narrer.
Des histoires dÂ’hommes dont la vie
ne se laisse pas vraiment conter.
LÂ’homme aux doigts agiles caresse tranquille
les boutons de nacre et nous montre quÂ’il
peut bien nous parler de choses et d’êtres
sans avoir à desserrer les lèvres.
Refrain

Raconte à grands coups de lames et de flûtes toute son histoire.
Son histoire à lui, celle de celui qui partit un jour pour où?
Finalement il s’en fout car il se fout des détails.
La mémoire est un bijou,
une pierre qui nÂ’a pas besoin quÂ’on la tailleÂ…

Parti de Pologne et des froids de lÂ’est
ou bien de Cologne pour venir à Brest,
le grand-père avait la destinée
de ceux pour qui voyage est inné.
Pourtant lorsquÂ’il voudrait raconter
les destinations de l’homme désigné,
lÂ’homme aux doigts agiles donne le ton
mais ne donne pas de noms.
Refrain

Il aima des femmes, des bouts de charme et des âmes sans vertu,
celles qui font dire quÂ’il est bon de vivre
ou bien celles qui vous tuent.
A quoi bon nous dire comment sÂ’appelaient,
douces d’un soir, amours éternelles.
Majeurs et mineurs pourront bien suffire à faire une histoire belle
Refrain

Puis comme tout homme il partit le jour où son corps le quitta.
On pleura sa fin comme on pleure la fin
dÂ’une histoire dÂ’amour et de joie.
LÂ’homme aux doigts agiles continue toujours
le récit du vieux, les larmes aux yeux,
mais lÂ’air de java dÂ’un autre temps
ne fait du trépas rien d’important.
Refrain

Finalement il s’en fout car il se fout des détails,
la mémoire n’est là que pour nous dire
quÂ’elle nÂ’a pas envie que lÂ’amour sÂ’en aille.

Tous les titres Paroles et Musique par Alexis HK sauf :
Bambin : Musique par P. Letang
Son histoire : Musique par S. Suc

 

 


 

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